Reflets capturés

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Dans l’attente d’une chaise pour reposer sa faim de beauté, La Passeuse de Sens aimait se promener dans l’imprudence des courbures, l’arc d’une joie qui sourit aux tuiles roses.

Sa Maison pour refuge, pour des bavardages bleus, pour les mots derrière la pierre, pour les ombres dans les yeux des femmes, là où l’on sait que le jour à vivre sera fait de détails.
Elle, l’Alchimiste du domaine, je la vois comme l’or au creuset d’une photographe.
Alors…
Nimbées de douceur orangée, des œuvres adossées au mur s’allument :
les amants en pincent l’un pour l’autre et Freud n’y pourra rien changer,
se balançant de mes commentaires, des coquillages timides tentent de faire connaissance,
deux vases dominateurs, ignoraient un petit, vert de trouille ;
un drôle de dessin faisait semblant de m’ignorer,
un foie gras narguait un verre de vin blanc tandis qu’une rose fanée se détournait de mon regard,
les oiseaux rouges s’agrippent au blanc voilage car ils ne veulent pas que je parle d’eux devant tout le monde.
Mais…
ce soir, les objets aimés sont au calme dans la maison; l’été s’endort sur son toit et laisse son empreinte rose.
Ce soir, la demeure apprend la sérénité sous l’écorchure du soleil, des nuages s’effilochent en murmurant suis ton cœur aussi longtemps que tu vis, tandis que je voyage au pays de l’infiniment petit dans la rouge beauté.

Là et maintenant elle captura l’instant géométriquement poétique: un rectangle vertical pour dire je suis debout, le carré prouvant sa solidité, la sphère magnifiant le mouvement. Une lumière informe rappelait que toutes les ombres sont fragiles.
Ce n’est plus une maison, à chaque heure du jour, elle se mue en œuvre d’art : elle sublime le réel. Chez elle la lumière ne rencontre pas d’obstacle, le moindre détail prend vie et joue son rôle sur la scène du théâtre des ombres.
Un autre jour, un bras de feuillage veut embrasser la maison mais celle qui en est la « Maîtresse » est amoureuse de tous les éclats de lumière. Dehors jalouse Dedans.
le ciel est rose comme une joue timide
un mur mouvant, un mur dune, un mur sable d’or réveillé par la blonde vie de quelques épis…

Frédérique Samara, d’après les photos de Catherine.

Pour ce texte : Tous droits réservés – Frédérique Samara